Mes nuits: chapitre 1

Instant Charnel

Regardez ce corps que j’exhibe, nu, sans aucune pudeur, dans le seul but de vous retenir quelques instants. Car, il n’y a aucun mur qui sépare ma peau de ce journal. Ni aucune personne qui puisse m’empêcher de vous caresser. Rien. Seuls, quelques mots qui viennent habiller mon corps dans la nuit et font briller mes courbes dans vos yeux. Parce que ce n’est qu’une histoire de plaisir. Ou de simples jeux pervers. Parce que l’image est lisse et que déjà… Vous ne pouvez plus vous en échapper.
Je veux une brûlure. Mon corps cherche la morsure. Je veux pouvoir tenir des sexes entre mes mains.
J’ai envie du corps d’une femme. J’aime la caresse des hommes.
Je veux tout prendre.
Sans distinctions.
Pourvu qu’il y ait l’ivresse. Et aucune promesse de lendemain.
Juste le désir de voir ma peau s’enflammer tandis que leurs chairs viennent se consumer sur le bas de mon ventre. Là, entre mes cuisses ouvertes.
m’habille des vices nocturnes.
On peut me voir briller dans la nuit. Je suis la flamme de leurs envies.
Je pourrais jouir de me voir tellement demandée.
Leurs regards me mettent à nu. Je vis allongée.
Je n’existe qu’à travers la passion des autres. Je caresse leurs plaisirs et cultive ma liberté.
Ma peau simule face à leurs moindres frôlements.
Mon corps leur appartient. Ils sont tous à moi.
Je sais me faire câline. Je cambre mes reins au contact de leurs mains et ma bouche s’empare de leur ardeur. J’avale le peu de dignité qu’il me reste.
Mais déjà, je continue…

Je me veux aveuglante. Sur la piste, je vois mon corps qui se décline dans les néons et mes courbes qui se reflètent dans leurs yeux.
Mon corps se couche pour tout le monde.
Je ne vis que pour la nuit. Et pour toutes ces fulgurantes rencontres qui consument mon coeur et attendrissent ma chair.
Je ne suis que l’ombre de leurs désirs inassouvis.
Je réclame des corps. Je veux des mains qui m’oppressent, des doigts qui me pénètrent, des bouches qui me dévorent.
On me consomme sans modération.

Je m’appelle M. on me nomme Iris.

Il y a un long rituel avant de pouvoir entrer dans les Nuits. On s’enveloppe d’artifices. On se débarrasse du naturel. Les vêtements se doivent d’être bien apprêtés. La chair se fait plus tendre. Soumis, le corps se dérobe. Car sans lui, tout se détraque. Il est le principal acteur de cette machine à séduction.

Il y a des rencontres qui illuminent le cœur. Ou qui embrasent le bas du ventre.

Particulièrement une : Mais, je ne me souviens pas de son nom. C’était un homme. Ou plutôt un jeune homme, car il devait bien avoir dix ans de moins que moi. Mais il se dégageait de lui cette incroyable brûlure. Une attraction quasi animale. Celle qui donne envie de se débarrasser de ces vêtements, et d’apparaître totalement nue. Celle qui nous fait nous agripper à la peau de l’autre pour y mordre dedans. Puis l’arracher. Se délecter de chaque morceau de chair. Puis, pour finir, y laisser sa trace. Voir le sang couler. Et jouir seulement à la vue de cette victime soumise qui s’offre si facilement.

Voilà ce qu’il m’inspirait.

Ce goût de la peau qui, sous les caresses, prend feu. La vue de ce sang jaillissant des entailles. Et l’odeur de ce corps noyé dans sa propre excitation. Une définition d’une attirance quasi cannibale.

C’est ce qui m’a plu.

Indifféremment, il a posé ses yeux sur moi. J’ai alors tout de suite su que c’était trop tard. Qu’inconsciemment nous avions commencé le jeu.

Je voyais son ombre se rapprocher de moi. Tout doucement. Un peu comme si il se méfiait. Qu’il savait quel genre de femmes j’étais. Que si il s’approchait trop brusquement, je ne pourrais que faire une bouchée de lui.

Alors, je le voyais patienter au milieu de la masse déchaînée qui nous séparait, ainsi que parmi ceux espérant une soirée avec moi. En vain. Car je l’avais devant moi ma proie.

La musique devient de plus en plus puissante. Soudain, ce fut comme si le plafond s’affaissait et allait ensevelir toute la salle, les murs transpirant de notre excitation.

Les talons de mes chaussures compensées écrasaient violemment le podium tandis que tout mon corps était en transe : de fines gouttes de transpiration ruisselaient entre mes seins et autour de mon nombril. Mes cheveux attachés battaient l’air dans le rythme de la musique et mes hanches ondulaient, seulement habillées d’un short de latex rouge.

Et toujours leurs mains qui s’accrochaient sur le bas de mes bottes. Et toujours ces mêmes caresses qui montaient jusque sur mon short lorsque je m’accroupissais. Et toujours lui, qui me regardait fixement.

Il restait immobile, ne voulant toujours pas s’avancer.

Petit à petit, les corps commençaient à se chercher. Pendant ce temps, je sombrais. Je me lançais à travers leurs nuits : je m’approchais vers des bouches inconnues pour y enfoncer ma langue. Ca me faisait du bien. Les hommes croyaient me posséder alors que c’était bien à moi qu’ils appartenaient.

Jusqu’à ce qu’une main se posa sur ma taille et me retourna brusquement. C’était lui. Oui, il était très jeune. Un peu trop pour moi d’ailleurs. Mais je voulais jouer…

D’habitude, je ne fais pas attention aux visages de ceux qui me ramènent chez eux. Mais, à l’observer pendant que nous marchions, je remarquais qu’il était très beau : il avait un visage aux traits lisses, des yeux noisettes encadrés par de lourdes boucles brunes qui lui arrivaient jusqu’aux épaules. C’est tout ce dont je me souviens. En réalité, je me rappelle surtout de ses cheveux.

Car, lorsqu’il me déshabilla et qu’il m’allongea sur son lit, sa tête vint se frotter contre mon ventre jusque sur la fente de mon sexe. Sa chevelure recouvrait totalement mon pubis nu.

Quelle drôle d’impression de revoir des poils sur mon entrejambe !

Et là, ce jeune corps plongeant en moi, venait de faire naître cette femme naturelle que je n’avais jamais été.

Je tendais une de mes mains vers ces boucles brunes comme si ce furent les miennes. Elles étaient douces et, inconsciemment mes doigts aimaient à s’entortiller dedans. La vue de ce pubis entièrement recouvert me mettait dans un état insoupçonné. J’éprouvais de la jouissance à voir mon sexe avec une toison noire aussi douce.

Déjà, les efforts du jeune homme pour m’exciter ne m’intéressaient plus, seules ses boucles qui glissaient sur ma peau me donnaient du plaisir. Mes jambes s’écartaient tandis que mes hanches basculaient vers l’avant pour mieux sentir la caresses des cheveux. Et même, certaines mèches plus malignes que d’autres, tentaient de se faufiler sur le haut de mes lèvres jusqu’à pouvoir passer entre. Le frottement des boucles mêlé au balancement de sa tête sur mon sexe me faisait mouiller.

Quand, soudain, j’eus cette attraction animale ; je lui pris quelque uns de ces cheveux et les frottèrent sur mon sexe. Je sentais mes petites lèvres se refermaient sur la mèche noire qui, petit à petit était toute trempée.

J’étais au bord de l’explosion : il me fallait toute sa tête !

D’un coup, je me levais et m’accroupi sur le haut de sa tête, me frottant dans ces cheveux.

Incrédule, le jeune homme me laissa faire et sentit sa tête devenir humide.

Et moi, je la sentais naître dans le bas de mon ventre cette excitation à mesure que je me baissais sur sa chevelure. Je le vis s’enrouler quelques mèches sur ses doigts et me pénétrer avec. La sensation fut trop forte. Des spasmes me remontèrent le long du corps. Son sexe se vida. Je jouis.

Instant Charnel

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