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Lilith

Lilith

Je croyais que je n’aimais pas la douceur, qu’être expulsée de son corps ne pouvait m’être garantie que par des coups bien administrés, des asphyxies réussies.

La douceur était un synonyme d’ennui et de passion éteinte.

Puis un inconnu m’a aimé – comme si j’étais ce corps connu par coeur et aimé encore.

Dès que je l’ai chevauché comme une Lilith timide et que ses mains ont colonisé mes reins, mon corps est devenu aveugle à tout ce qui m’entourait du design épuré des lieux au périphérique au loin. Mon souffle était irrégulier car j’oubliais parfois de respirer quand il m’effleurait de ses doigts qui savaient où et comment jouer, tournant la banalité en délice dès les premiers gestes.

Une fois allongée sur le dos, mon corps devint encore davantage le puzzle de mon propre plaisir. Ses doigts commencèrent à glisser doucement entre mes petites et mes grandes lèvres puis sa bouche esquissa l’ultime moment à venir en recouvrant d’humidité et d’attention mon sexe. Je crois que dès ce moment là, je n’ai plus su distinguer sa langue de ses doigts,

Leur nombre, leur place exacte sur mon corps extatique.

J’avais une prière unique : encore.

Et mes muscles applaudissaient se contractant, échappant parfois à mon contrôle.

Quand je suis revenue au-dessus de lui, que j’ai introduit son membre en moi, ce fut comme si on m’avait donné un nouveau corps apte mille fois à réagir à la moindre caresse,

A s’enivrer d’un rien et trembler jusqu’à venir.