• La Maison des Roses – chapitre 1

    Auteur :

    Roman – Editions Cyrille

    EDITION  CYRILLE

    6 Avenue NEIL ARMSTRONG

    33692 – MERIGNAC CEDEX

    Ce récit est une œuvre de pure fiction.

    Toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

    Chapitre 1

    Le domaine

    La luminosité m’éblouit ; je ferme les yeux quelques secondes…

    Je suis assaillie par les réminiscences de mon enfance.

    Le rejet par mes parents, pour cause de n’être pas un garçon.

    L’héritage d’un prénom masculin féminisé ; seul bien qu’ils m’aient donné.

    Pour les biens matériels mon frère était d’évidence le seul à les mériter…

    Mes yeux s’ouvrent et je regarde avec fierté le chemin parcouru.

    Devant moi ; le portail de métal, a perdu sa couleur rouille, remplacée par un bleu lavande, identique à celui des pots d’Anduze, disposés de chaque côté.

    Je vérifie mon travail, en prenant quelques mètres de recul.

    Une dernière retouche au pinceau ; est nécessaire, pour couvrir la trappe de métal de la boite aux lettres d’une couche de peinture dorée.  

    Soigneusement, je nettoie l’outil dans une boîte de conserve remplie de térébenthine, avant de l’essuyer avec un chiffon et de le ranger dans la brouette.

    Plongeant les mains dans le terreau ; qui emplit les poteries, je creuse afin de dégager l’espace nécessaire, à la plantation de rosiers en fleurs.

    Il se hâte de pousser la brouette ; pour la ranger dans la grange en bois.

    Il revient à temps ; pour applaudir la mise en pot du deuxième ornement floral.

    En posant sur mes lèvres un baiser ; Patrick récompense mes efforts pour transformer la ferme et ses dépendances, en domaine de plaisance.

    Située à proximité d’un hameau du Quercy ; la quiétude verdoyante de la demeure, est protégée par un mur de pierres d’un mètre de haut.

    Le nom du domaine est peint en lettres dorées, sur le fond azur d’une plaque de bois fixée à l’un des piliers du portail.  

    Pour rejoindre le logis ; nous contournons les claustras, couverts de chèvrefeuille au parfum envoûtant, qui masquent l’horizon.

    Je suis contente d’en avoir fini avec les grands travaux.

    Demain nous devons vérifier ; la propreté des chambres aménagées dans l’ancienne étable, sortir de la troisième non achevée les transats destinés aux clientes et installer des pots de roses anciennes, pour masquer le délabrement de la façade ; que nous n’avons pas encore rénovée.

    Avant de préparer le dîner, je veux prendre un bain et mettre la robe noire qu’il m’a offerte lors de notre dernier voyage en Espagne.

    De la fenêtre de la salle de bain à l’étage ; je le vois quitter ses chaussures de bricole et le bleu de travail, puis rouler le tout en une boule, qu’il jette négligemment dans la grange à la façade rafraîchie, grâce à des claustras collés sur le bois vermoulu.

    En marchant à petits pas sur le dallage rose brique, il longe la piscine pour accéder à l‘escalier.

    Le soleil illumine le corps ; le cou est rouge, flamboyant.

    Dans la luminosité, resplendit l’impudique nudité.

    Il descend les quatre marches de mosaïques.

    Les rayons indiscrets de l’astre dévoilent les fesses et les provocants secrets.

    Lentement le corps s’immerge ; l’eau aux reflets bleus déforme l’image.

    Un long moment, je regarde au travers du carreau.

    Ma tête repose nonchalamment sur le rebord de la baignoire.

    Je ferme les yeux et laisse vagabonder mon esprit.

    Le froid lors des soirées d’hiver, emmitouflée dans une couverture près de la cheminée ; les tracasseries avec le plombier, les retards du maçon dans l’exécution des travaux de piscine, tout cela me parait sans importance.   

    Je ne regrette pas, d’avoir finalement acceptée de tenter l’aventure de réhabilitation des bâtiments délabrés, pour vivre dans cette propriété intime et isolée.

    Quand je réouvre les yeux, il est sorti de l’eau.

    Allongé sur le carrelage ; sa peau sèche au gré des derniers rayons chauds du soleil.

    En sortant de la baignoire, je quitte mon observatoire improvisé.

    Vingt minutes plus tard, j’appelle : « à table ! ».

    Une omelette au lard et aux champignons cuits dans la graisse d’oie, d’épaisses tranches de pain campagne, un fromage de chèvre et du vin de Cahors, composent le dîner servi dans la cuisine moderne, qui a pris place dans l’ancienne salle d’eau.

    Après ce copieux repas, je lui laisse la charge de la vaisselle.  

    Il traverse le vestibule et me rejoint dans le salon de réception, où je suis allongée sur un canapé.   

    J’ai fait abattre plusieurs cloisons pour obtenir cet espace de quinze mètres de long et six de large.

    Pour accentuer le style rustique ; j’ai fait démonter le plafond pour faire apparaître les poutres en chêne de la charpente.  

    L’écran de télévision est installé à l’intérieur d’une armoire, des fauteuils, deux canapés, une table en merisier et quatre chaises complètent l’ameublement.

    Au fond de la pièce ; dans l’austère cheminée en pierre, une grosse bûche se consume doucement.

    Il ajoute dans l’âtre quelques planches de pin.

    Avec le soufflet de cuir et de cuivre, il fait rougeoyer la braise.

    L’enflammement du bois, éclaire sa nudité d’une chaude lumière orangée.

    D’un paquet, posé sur la tablette du manteau de cheminée ; il sort une cigarette et l’allume sur un brandon.

    Ensuite il se drape dans une couverture ; avant de s’étendre dans un canapé pour regarder le film.

    Je me lève et reviens quelques secondes plus tard ; avec mon agenda.

    Je dis mon inquiétude ; de Mai à Septembre nous avons quatre-vingts nuitées réservées alors que j’en espérais plus de cent cinquante.  

    Pessimiste, je crains pour la rentabilité de l’entreprise.

    Lui toujours optimiste ; me rappelle que la saison démarre demain.

    A son avis ; d’autres clients peuvent trouver notre offre, sur les sites web.

    Selon ses dires ; nous avons prévu d’améliorer nos revenus qu’après deux ans d’exploitation.

    Pour cette année, nos prévisions sont de couvrir les frais et les travaux prévus pour l’hiver prochain.  

    La démonstration m’énerve, d’autant qu’il a peut-être raison.

    Mais, moi ; je veux de l’argent … Et tout de suite !

    Le profit à portée de main attise mon appât du gain.

    J’oublie que j’ai participé à l’aventure avec la promesse d’être remboursée sur sa part en cas d’échec et que je ne suis propriétaire que d’un tiers du domaine, le deuxième tiers lui appartenant et le troisième à crédit sur sa part….   

    La valeur du domaine a augmenté, grâce aux travaux réalisés.

    Contre toute logique, je suis agacée par sa confiance tranquille.  

    De plus ; l’achat du domaine, la modification de l’architecture, les équipements pour en faire la « Maison des Roses » ; sont ses idées.

    Je décide d’aller dans ma chambre ; plutôt que de laisser éclater ma colère.  

    Il choisit de rester dans le salon pour regarder la télé et sans doute pour imaginer les prochains jours ; incorrigible rêveur.

    Deux heures plus tard, il monte l’escalier ; en prenant appui près du mur, pour éviter les grincements des marches de bois.

    De mon lit, je vois faire sans piper mot.

    Il se glisse silencieusement dans les draps.

    Aux premières lueurs du jour ; je sors de la chambre, protégée du froid matinal par un jogging.   

    Quand je le vois descendre l’escalier ; je suis depuis plus d’une heure dans la cuisine, occupée à préparer une tarte aux fraises, après avoir mis à rôtir une pièce de bœuf.

    Il dépose un baiser sur ma bouche, puis prépare un petit déjeuner que n’aurait pas désavoué Gargantua. 

    Pain, pâté, jambon de pays, melon, confiture et deux tasses de café aboutissent dans son gosier.

    Je lui rappelle les taches les plus urgentes :    

    -passer l’aspirateur dans les chambres des clients.

    -vérifier la présence dans chaque chambre d’un dossier d’accueil contenant : une carte de la région, le règlement intérieur du domaine, une clef du portail accrochée à un porte-clefs en bois peint avec une rose stylisée, le tarif des chambres, le tarif des boissons et celui des services tels que les transferts vers les villes de Cahors ou de Montauban.

    -installer les pots de roses contre le mur du gîte en prenant soin d’attacher les branches pour masquer le crépi délabré.

    -porter aux quatre coins de la piscine les grands caches pots en plastique gris et les lester avec des pierres.

    -amener la charrette à bagages au parc à voitures.

    -prendre une douche.  

    -me prévenir quand tout est fait.

    Il revient trois heures plus tard ; il est presque midi.

    Je sors sur le perron et vérifie à distance la mise en place.

    D’étincelants miroitements, attirent mon regard.

    Un collier rouge ; en cuir verni, brille à son cou.

    Enserrant le sexe, enfilé jusqu’au pubis ; un anneau d’acier poli resplendit illuminé par la lumière.

    Obscène ; un lourd cadenas chromé transperce le prépuce et renforce le supplice sexuel.

    J’admire l’esthétique de la tenue de cuir et d’acier.

    Imposées à mon serf ; les contraintes m’octroient son esprit.

    Lisible à dix mètres ; tatoué et ornant le pubis épilé, le mot ESCLAVE est une invitation.

    Son statut d’objet sexuel s’exhibe ; sublime refus de morale mensongère.     

    Je succombe aux vertiges de mon indicible pouvoir.

    J’impose ma tyrannie ; je l’estime légitimée par son désir.

    Faire subir ma cruauté ; être admirée pour cela par d’autres, me fait frissonner d‘exaltation.

    Je fais cingler mon fouet, la mèche claque sur la chair.

    Nous nous installons pour prendre un verre ; en attendant l’arrivée d’Aline, l’employée de maison et celle d’un couple de clients.

    Le carillon signale une visite.

    J’ordonne : « esclave, va ouvrir le portail » !

    Dès que je le désigne par son rang ; ce n’est pas son sexe qui m’appartient.  

    Il effectue une effarante mutation psychique.  

    Son désir d’être uniquement dévoué à mon plaisir ; lui donne la fierté de subir.

    Me nommer « Ma Dame » est son affirmation de ma suprématie.

    Ses yeux me jugent comme une déesse.

    Il s’honore de son sacrifice aux rites cruels de ma divinité.

    Alors que portant les atours liés à sa condition ; en l’absence de signal verbal, il a des gestes d’amant, me parle sans détour et n’hésite pas à être contradictoire.

    Tandis que je me rends au parc à voitures, mes pas retenus par ma jupe crayon ; lui se hâte de parcourir la soixantaine de mètres du chemin de terre qui mène à la limite de la propriété.

    Je l’imagine s’assurer qu’il s’agisse de la personne attendue, en regardant par le petit espace entre le pilier et le portail. Reconnaissant la voiture italienne, je suppose qu’il ouvre lentement. Il prend plaisir à exhiber sa nudité et les parements licencieux aux yeux de la conductrice ; comme il le fait lors de mon retour après une absence.

    Certaines fois, après avoir abaissé la vitre de mon véhicule ; je lui ordonne de sortir de la propriété afin d’admirer son outrancière nudité hors de l‘enceinte protégée. Il reste ainsi un moment ; au gré de mon humeur.

    D’autres fois ; particulièrement la nuit, je stationne mon véhicule à une centaine de mètres de l’entrée du domaine.

    Puis je téléphone pour donner mes ordres.

    Mon esclave ; doit ouvrir le portail, se poster au milieu de la route vicinale et fouetter son sexe ; n’ayant le droit de cesser, qu’après que mon véhicule soit entré sur le chemin privé.

    Par jeu je roule le moins vite possible ; me satisfaisant de voir le serf nu, se flageller selon mes directives.

    Quelques fois, je stoppe mon véhicule à quelques mètres du spectacle ; laissant ainsi le temps, pour que les cruelles lanières s’abattent encore de nombreuses fois sur les chairs fragiles.

    Parfois, quand la saison le permet, je quitte le cocon protecteur de mon automobile et dans la lumière des phares ; je lui fais cueillir les orties abondantes dans le fossé.

    Ensuite, je lui impose de se caresser lentement les seins, le sexe et les fesses avec ces plantes urticantes.

    Si je suis satisfaite de sa prestation ; je l’autorise à se prosterner devant moi, allongé sur le goudron.

    Bien sûr ; mon « autorisation » est un ordre.

    Je gratifie mon objet en le piétinant avec mes talons.

    Ces épreuves ; infligées dans ces situations immorales, me permettent de m’assurer de mon absolue suprématie.

    Il m’appartient de tout prévoir ; pour que les risques soient minimes.

    Sa sécurité est une obligation dévolue à mon statut de dominatrice.

    Je ne l’ai pas inventé.

    J’ai entendu milles de fois de sa bouche, la maxime : Commander, c’est prévoir.  

    Pourtant, à la fin d’une après-midi d’hiver ; j’ai failli déchoir.

    Les aboiements d’un chien m’ont opportunément alertée ; me laissant le temps de rentrer la voiture dans le parc.

    Mon esclave termine la série de coups ; preuve de la prédominance de mes ordres, sur les risques encourus.

    Je suis fière de ce résultat qui n’est pourtant dû qu’à sa dévotion.

    Ma sévérité est magnifiquement récompensée à cet instant.

    Dans l’urgence, je lui crie de se coucher derrière le mur d’enceinte.

    Sans tenir compte des nombreuses ronces, il obéit immédiatement.

    A pied, je vais voir quel est l’importun.

    Un cycliste apparaît en provenance de la ferme où la route s’arrête.

    Quelques secondes après, l’homme à vélo passe devant moi, accompagné par un chien.

    Après cet incident ; je dois reprendre le contrôle de mon objet.

    Deux minutes plus tard ; je lui donne l’ordre de reprendre place sur le goudron et de me rendre hommage en se flagellant le sexe et les fesses.

    Vus de près, les coups manquent de vigueur.

    Le fouet à neuf lanières, s’abat sur le pubis et la verge ; mais il reste aux aguets, préoccupé par l’incident.

    Impitoyablement ; j’impose des couts supplémentaires.

    Les lanières percutent la chair avec élan, sans marquer de pause.

    Son masochisme terrasse la peur.

    J’assiste au spectacle de coups endiablés.

    Son sexe cadenassé et gonflé de désir danse au rythme du fouet.   

    Satisfaite ; je l’autorise à fermer le portail.

    Aujourd’hui, il n’a pas le plaisir de jouer.

    La conductrice n’attend pas ; pressée de venir garer la voiture rouge, et de me claquer deux bises sur les joues.   

    La chicane des claustras passée ; il rejoint le parking délimité par de petits cailloux.

    Je suis sure qu’il examine nos plastiques.

    L’aînée de vingt ans, je sais pouvoir supporter la comparaison ; avec la quarantaine sportive d’Aline.

    Elle sort du coffre de sa voiture deux valises.

    Je dis : Vous n’allez pas porter vos bagages » !

    D’un geste impératif, j’ordonne à mon esclave de se précipiter pour charger l’attelage « homo-mobile ».

    Cet attelage a été réalisé à partir de vieux vélos pour les roues et la rambarde ; d’un fauteuil de bureau boulonné à l‘avant.

    Une porte peinte en rouge fait office de plateau et provient du bâtiment écroulé ; dont nous avons conservé deux murs protégeant la piscine.

    Des chaînes, un tube d’acier et de vieilles ceintures ont permis la confection du harnachement.

    Pour tracter la charrette ; il est contraint de se déplacer sur les genoux, la tête au ras du sol.

    Cette obligation humiliante et cruelle étant voulue lors de la conception ; j’ai découvert à quel point un esclave est inventif pour créer des engins destinés à lui imposer de terribles contraintes.    

    Dans le domaine les esclaves sont des objets, des choses.

    Ici, règne la suprématie féminine, telle que je la conçois.

    Mon esclave tracte la charrette ; nous marchons devant.

    J’ouvre la porte du local mitoyen à la bâtisse principale.

    Je fais visiter la chambre ; équipée d’un grand matelas posé sur une stèle en béton, d’une cabine de douche avec toilettes, d’un radiateur électrique, d’un placard coulissant et de spots en aluminium installés dans les angles.

    Des anneaux fixés sur les murs ; à la poutre et à chaque coin de la stèle sont destinés à recevoir des chaînes.

    Cette chambre, est à double usage ; chambre d’accueil ou cachot.

    A chaque angle, un câble vidéo est en attente de la pose d’une caméra.  Aline dit que c’est génial ; ne pouvant pas savoir que ces raffinements pervers, sont dus à l’imagination de mon esclave.

    Mon intervention se limite à l’approbation du projet.

    Je mets fin à la visite, en laissant la clef en fer forgé dans la serrure.           

    J’accorde à Patrick le temps de s’extirper du harnais et de déposer les bagages.

    Puis je donne mes ordres :

    -ramène la charrette au parking,

    – lave-toi,

    -remplace ton cockring par la cage de contrainte,  

    -met un cadenas dans les trous de ton prépuce,

    -met le collier en acier avec la chaîne soudée.

    Vingt minutes plus tard ; le bruit étourdissant de la chaîne heurtant les marches, annonce l’arrivée de mon serf.   

    Il sort de la demeure.

    Des maillons de métal serpentent au sol ; d’autres oscillent entre ses jambes, d’autres encore frottent sur les fesses, les derniers grimpent le long du dos, jusqu’au collier clos par un cadenas.

    La domination est un art, j’ai changé de vêture.

    L’esthétique est une force plus importante à mon sens que le scénario.

    Sans me vanter j’excelle en ce domaine ; les toilettes raffinées semblent avoir été inventées pour moi.

    Cela compense les mots ; qui restent non-dits.

    Je ne vois pas en quoi les paroles pourraient être utiles.

    Je suis la reine et il n’a qu’à se suffire de ce fait.

    Être dominatrice, c’est recevoir une couronne offerte par l’objet soumis, dernier acte libre du candidat à l’esclavage.  

    Femme Reine ; le pouvoir est réel, sans condition.

    Pour me parer de la couronne ; je ne conçois pas de le faire dans une tenue négligée.

    Pour l’heure, j’ai choisi une tenue d’inspiration équestre ; chemisier fin en lin, pantalon d’équitation blanc, ceinture et cuissardes rouges érigées sur de vertigineux talons en acier. D’une main, je tiens une longue cravache en cuir noir, négligemment posée sur ma cuisse.

    Il arrive près du parasol ; je suis installée, dans un fauteuil de jardin.

    Il veut baiser ma bouche.

    Hautaine ; je refuse d’un geste pour ne pas défaire le maquillage éblouissant de mes lèvres.

    Mon index pointé vers le sol, lui impose de se prosterner.

    Je me sens belle !

    J’étends une jambe ; et attends le nettoyage de ma botte, avec sa langue. Avec dévotion, il enlève la poussière sur le cuir et fait briller le talon d’acier.

    Je suis fière d’être hautaine !

    Sans quitter mon siège, je cingle les fesses offertes, en lui interdisant de cesser son activité de nettoyage.

    Les coups, sont mes meilleurs moyens d’exprimer mes exigences ou ma satisfaction.

    Quand j’estime la première botte propre, je présente l’autre en accélérant le rythme des claquements.

    Le rougissement de la peau, met en valeur mon sceau de propriété, symboliquement tatoué sur la fesse droite de mon objet-sexuel.

    Mes initiales s’étalent dans un cercle de dix centimètres de diamètre.

    Je me sens tellement supérieure !

    J’allume une cigarette ; et le laisse s‘asseoir face à moi, sur l’herbe rase.

    Pour reposer mes jambes, j’appuie les semelles de mes bottes sur le pubis de mon serf.

    Je peux jouer sans prévenir avec son phallus.

    Mes talons en acier griffent à ma guise, la chair masochiste s’épanouit.

    Mon assistante passe près de nous ; sculpturalement moulée dans un body en vinyle noir, chaussée d’escarpins à talons. Pour la doter ; j’ai commandé robes, jupes, pantalons, corsets, chaussures, bottes, maillots, strings sur des sites du web spécialisés dans la mode fétichiste.

    Je ne regrette pas, le budget consacré à sa garde-robe.

    Quelques instants plus tard ; les bras chargés, de cravaches, de fouets et d’une chambrière ; elle garni les pots aux angles de la piscine.

    Travail inhabituel pour une employée de maison, selon son contrat de travail ; mais elle n’a pas été recrutée au hasard d’une annonce.

    Quatre mois plutôt, lors d’une soirée dans un club libertin ; j’ai menotté mon esclave à la barre d’exhibition.

    Sous son collier, j’ai glissé un fouet à lanières.

    A ma demande ; le disc-jockey a fait une annonce pour inviter les clientes à utiliser le fouet sur l’esclave exhibé sur le podium.  

    Sans me prévenir, il me présente.

    L’offrir ne veut pas dire qu’il puisse être un partenaire sexuel. Afin de dissuader toute utilisation de son sexe, il est équipé lourdement.

    Un cockring ; composé de larges anneaux d’acier réunis par des vis, a pour rôle de contraindre le sexe et les testicules, qui semblent séparés du corps par cinq centimètres de métal.   

    Deux morceaux de très grosse chaîne, sont accrochés au cadenas qui traverse son prépuce et assure son absolue chasteté. Cet ensemble pèse plus de cinq kilos.

    La verge incroyablement étirée oscille comme un pendule.

    L’effet visuel est hallucinant.

    Après quelques coups de fouet donnés à mon esclave, par une employée de la discothèque échangiste ; Aline s’installe à côté de moi.

    Elle m’interroge ; demandant si je suis la maîtresse du soumis.

    Je reconnais être la propriétaire de l’esclave.  

    Au fil de la conversation ; j’explique avoir une maison d’hôtes pour couples.

    Elle est curieuse de savoir de ce que je peux ressentir, à voir mon esclave, subir le fouet.  

    Prise d’alexithymie ; je lui propose de découvrir le pouvoir grisant, d’imposer son autorité et la souffrance.

    Les clientes du club n’ont pas osé dépasser une dizaine de frappes, sans énergie.

    Elles se sont juste amusées d’une situation inédite ; sans prendre le pouvoir et sans jouir de l’offrande corporelle.  

    C’est insuffisant pour montrer l’asservissement de mon sujet. Un supplément ne peut être que bénéfique.

    Sinon, une fois de plus je serais déçue ; par la mentalité « machiste », qui règne dans la plupart des clubs, dits libertins. Cette mentalité « machiste », se révèle par la lâche grossièreté des hommes ; qui n’hésitent pas à laisser s’exhiber les femmes ; mais n’ont même pas la délicatesse, de se dénuder pour les étreintes.

    La peur de montrer le « petit bout » ; se cache derrière leurs fausses pudeurs, de mâles.  

    Pour m’être agréable ; la jeune femme accepte cette expérience. Elle prend rapidement, la mesure de l’impulsion à donner ; pour faire danser mon objet, sous des coups cinglants. Après une quinzaine de coups, elle hésite à continuer.

    Par gestes ; je montre mon désir de voir se prolonger le jeu.

    Le spectacle attire à distance respectueuse, un cercle de curieux. La majorité des hommes sont méprisants et la vulgarité des commentaires n’a rien d’érotique.

    Quelques très rares spectateurs applaudissent le spectacle inhabituel.

    Pourtant, je suis satisfaite.

    Sans aucun effort de ma part ; mon esclave a reçu le fouet à toute volée durant cinq minutes.

    Au bar, quelques hommes me regardent comme une proie.

    Ils ne sont pas là, pour mettre en œuvre des scénarios érotiques raffinés ; pour eux, libertine est synonyme de facile.     

    Une femme est un vide-couilles ; qui doit de se pâmer devant les exploits du petit morceau de viande couvert de poils.

    J’apprécie d’être admirée et les queues dures appartiennent souvent aux rustres.

    Je ne dissuade pas les œillades.    

    A la fin de sa prestation, j’invite ma nouvelle connaissance à prendre une coupe de champagne.

    Nous reprenons notre conversation ; mon attention est concentrée sur mon échange verbal.

    Distraitement, je regarde le podium ; une femme y fouette mon esclave.

    Malgré la musique ; le bruit du fouet parvient à mes oreilles.

    L’exemple donné par Aline est bien suivi !

    J’apprécie de n’avoir rien à faire, pour obtenir ce résultat.

    De paroles en paroles ; je dévoile avoir besoin d’une personne discrète, autoritaire pour m’aider dans mon activité professionnelle.

    Bien entendu ; je précise qu’il n’est pas de mise, de se livrer au commerce de son corps ; il faut seulement se comporter en dominatrice inaccessible.

    J’ai aussi besoin de compétences pour l’intendance de la maison.

    Aline ; au chômage, cherche un travail de vendeuse.

    Surprise par cette offre d’emploi hors norme, elle me demande pourtant mon numéro de téléphone portable.

    Quelques jours plus tard, elle prend rendez-vous avec moi, au domaine.

    Sous réserve, qu’elle ne trouve pas de proposition plus avantageuse ; elle accepte le poste.

    Avec le peu d’heures de travail et l’avantage d’être nourrie et logée, je peux espérer une certaine fidélité.

    Je fume une autre cigarette.

    L’employée a terminé la mise en place des objets de châtiments autour de la piscine.

    Elle s’assoit à ma table, se sert un verre d‘eau gazeuse.

    Nous faisons la liste des préparatifs nécessaires ; demain en début d’après-midi, un autre couple doit séjourner dans le domaine.

    Le Smartphone posé sur la table ; joue les premières notes, du chœur des esclaves de Verdi.

    Je réponds à l’appel et explique à mon interlocutrice le chemin à suivre pour arriver à La Maison des Roses.

    Je me lève pour aller ouvrir à Françoise et Jeremy.  

    Aline reçoit la charge de conduire mon objet ; jusqu’au parc à véhicules, pour faire fonction de bagagiste …

    Les portières de la berline s’ouvrent.

    Mon assistante accueille la nouvelle hôtesse par deux baisers sur les joues.

    Par manque de discernement ; dans un lieu où est prônée la suprématie féminine ; Jeremy tente une approche identique.

    Il se trouve bloqué ; par l’interposition d’une cravache en rotin. La poignée de cuir noir ; fermement tenue dans la main manucurée ; menace le visage de l’impudent.

    Je me hâte de rejoindre le groupe et accapare l’attention, afin de faire diversion. Il faut éviter un incident avec nos premiers clients.

    Jérémy pose les bagages dans la charrette sur mes indications.

    Nous empruntons le chemin en direction du gîte.

    Mon sujet tracte avec peine l’attelage.

    Pour détendre l’atmosphère, je dis : « Ici pas de justice pour les mâles, nous sommes des Reines ».

    Pour faire bonne mesure, je demande à Aline de cravacher l’esclave qui traîne mollement le chariot.

    Aline demande : « Danielle, le cravachage dur » ?

    Je viens de dire pas de justice. Je n’imagine pas d’autre réponse que : « Très dur ».

    Me voici présentée de bonne manière ; être impitoyable est la preuve évidente de ma supériorité.

    Aline ne se prive pas.

    Elle cravache mon serf sans répit tout le long du parcours.

    Jeremy observe ; rougissant de peur ou d’envie.

    Son épouse s‘accroche à son bras ; impressionnée !  

    Avec tact ; je demande à Françoise rappeler à son mari les règles de la maison.

    Je sollicite le couple de me retrouver aux abords de la piscine, pour compléter les formalités.

    Je laisse à Aline le soin de mener l’attelage et nos hôtes jusqu’au logement qui leur est réservé.

    Confortablement installée dans un fauteuil, j’assiste à la manœuvre de rangement de la carriole dans la grange et à la douche au jet de mon objet.

    Aline conduit mon esclave à quatre pattes, fermement tenu par la chaîne reliée à son collier. La cravache continue de s’abattre sans merci.

    Je récupère mon serf. Ses genoux sont couverts de traces de sang, cela m’importe peu ; je l’oblige à rester prosterné face à moi. Une demi-heure plus tard, Françoise arrive uniquement vêtue de bijoux et d’une paire de mules à talons. D’une main elle tient une cravache noire et une laisse accrochée au cou de son mari.   

    De longs cheveux châtains, sublimés par un collier en or, un pubis épilé en ticket de métro, des jambes gracieuses ; font de cette jeune femme une fraîche beauté.

    Ses seins fermes et généreux, son fessier rond ; sont des provocations sexuelles ! J’invite la jeune femme à s’asseoir ; en essayant de voir ses yeux cachés derrière les lunettes solaires.  Je la félicite du changement d’attitude imposée à son sujet ; sans accorder le moindre intérêt, à la chose en laisse.

    La jeune femme est sensible à mes compliments.

    Choquée par la violence des coups de cravache donnés à mon esclave ; elle souhaite discuter avec moi des châtiments corporels.

    Le règlement complet de dix-sept pages ; que je lui remets, prévoit une immense liberté aux dominatrices pour appliquer les règles en respectant la sensibilité et les désirs de chacune.

    En attendant, je lui propose de commente, le résumé des règles de la maison des roses, affiché dans les chambres.

    1° ACCÈS AU DOMAINE ET RESPONSABILITÉ :

    Strictement réservé aux femmes dominantes et aux esclaves qui les accompagnent.

    La direction du domaine n’est en aucun cas responsable ; du comportement et des actes individuels.  

    2°COMMENT CONSIDÉRER LES ESCLAVES :

    Objets humains appartenant à une femme dominante.

    Les esclaves étant des objets privés, leur utilisation nécessite l’aval de la propriétaire.

    3°OBLIGATIONS DES ESCLAVES :

    Déférence due aux dominantes.            

    Nudité permanente.

    Port à minima d’un symbole de soumission.

    4°DRESSAGE DES ESCLAVES :

    Les dames-propriétaires disposent librement des équipements du domaine. Chaque jour les dominantes peuvent s’aider pour dresser leurs esclaves.     

    Tous les moyens de dressage sont autorisés.

    Pour éviter les abus :

    Marquage au fer rouge, perçage du sexe ou des seins, scarification, flagellation à sang, nécessitent un accord écrit de l’esclave.

    La responsabilité du domaine et de son personnel ne peut être recherchée ou engagée pour des actes relevant de la vie privée et des choix de vie.  

    5°MOTIFS D’EXPULSION :

    Usage de produits stupéfiants et illicites.  

    Scatologie dans les parties communes de la propriété.

    Utilisation d‘appareil photographique ou vidéo sans accord préalable de tous les occupants du domaine.

    Maladie grave ou contagieuse non signalée.       

    Mise en péril du processus vital.

    Strangulation, garrots, pendaison.

    Restriction alimentaire abusive.

    Coups sur les zones vitales : abdomen, colonne vertébrale, visage, etc.

    Pratiques forcées :

    -sur une personne qui déclare ne plus accepter le statut d’esclave.

    -sur un esclave refusant de donner un accord nécessaire.

    Décision extraordinaire de la Direction du domaine.

    6°PUNITION DES ESCLAVES EN CAS DE NON-RESPECT D’UNE RÈGLE :

    Après demande ; la dominatrice propriétaire fixe la sentence.  

    7°LANGUE :

    Le français est la langue officielle du domaine, pour les ressortissants étrangers une bonne compréhension est impérative.

    8° SÉJOUR – FORFAIT – PRIX :

    Trois nuitées minima.

    La nuitée va du jour d’arrivée à partir de 13H00 jusqu’au lendemain 12H00.

    Forfait 3 Nuits : 480 €.

    Le forfait comprend :

    –par nuitée :

    -deux petits déjeuners à préparer avec les produits en libre-service (œufs, jambon, yaourts, fromage, confiture, pain, café, thé, chocolat, jus de fruits pasteurisés)           

    -le dîner et le vin servis à la table d’hôtes pour la Dame.

    -la chambre et le linge d’hygiène.

    –pour le séjour :

    -nettoyage de la chambre avant l’arrivée.

    -accès à la piscine et au parc arboré de 10H00 à 02H00.

    -utilisation des équipements de contraintes extérieurs

    -usage de la salle de dressage de 10H00 à 02H00.

    -prêt d’une clef du portail d’accès au domaine.

    -usage d’un compartiment frigorifique pour le stockage de denrées.  

    -usage de la cuisine 07H00 à 14H00.

    NOTA : Pour les esclaves, seul le petit déjeuner est compris dans le forfait.

    TARIFS DES SUPPLÉMENTS :

    NUITÉE : 150 €

    BOUTEILLE CHAMPAGNE : 55 €

    BOUTEILLE GRAVES ROUGE /BLANC : 25 €

    BIÈRES / SODAS 25 Cl : 4 €

    CAFÉ/THÉ : Offert

    9° DÉPÔT DE RÉSERVATION :

    Dépôt de réservation de 200€ non remboursable.

    10° FORMALITÉS :

    -Formulaire des règles du domaine à signer par chaque résident avec les mentions manuscrites :

    – Sain d’esprit ; j’ai connaissance des risques liés à mes pratiques sexuelles et j’en assume la responsabilité.     

    – Je prends acte de ce document ; j’en approuve les termes, et le sens, sans recours possible devant une juridiction française ou étrangère.

    Paiement du solde du forfait.


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