Il est déjà tard…

Instant Charnel

Il est déjà tard, c’est presque nuit quand tu arrives devant la porte de l’appartement. Tu es vêtue d’une robe noire échancrée : elle laisse saillir le début de tes seins mais descend bas sur tes jambes. Tu t’es maquillée pour mettre en valeur ton regard, as tressé tes cheveux en une longue natte délicate. Ton rouge à lèvres fait ressortir scandaleusement la pulpe rouge de tes lèvres. Avant de partir, tu t’es regardée dans un miroir et as souri à ton reflet : tu t’es trouvée belle, d’une beauté à la fois simple mais aguicheuse qui te ravit et charmera ton amant.

Une grande enveloppe blanche, fermée d’un sceau de cire et ornée de ton prénom calligraphié, est posée sur le sol. Quand tu la ramasses, tu sens battre ton cœur. Tu le sais : si tu ouvres l’enveloppe, il ne sera plus temps de reculer ou de t’enfuir. Tu la découpes fébrilement, maladroitement : elle contient une lettre et le collier noir que tu reconnais au toucher. Ce collier, tu l’as souvent porté quand il te dressait. Il te l’a posé la première fois de manière solennelle, comme une marque de confiance et d’appartenance, car il était fier de toi et de ta soumission. Tu ouvres la lettre : elle t’es adressée.

« Mademoiselle,

si vous passez cette porte, oubliez votre liberté, oubliez votre vie. Vous pénétrez dans un univers qui n’est pas le vôtre, où vous serez traitée en petite esclave. Vous ne serez plus vouvoyée, mais tutoyée et rudoyée. Vos désirs seront ceux de votre maître, votre plaisir et votre jouissance les siennes. En serez-vous capable ? En êtes-vous digne ?

Mets à ton cou ton collier d’appartenance et ferme-le. Retire tes chaussures car les esclaves vont pieds nus. Quand tu seras prête, tu ouvriras la porte et feras un pas unique à l’intérieur. Après avoir refermé la porte, tu te tourneras et poseras tes mains contre celle-ci, à hauteur de ta tête, en les écartant largement. Tu écarteras aussi tes jambes et ouvriras tes cuisses. Tu pencheras ta tête en avant en signe de soumission. Enfin, tu fermeras les yeux et attendras qu’on daigne s’occuper de toi.

Ton maître qui t’aime. »

Sans réfléchir, tu t’exécutes. Tu as apprécié ces quelques mots, de désir et d’envie, passionnés mais inquiétants… tu enlèves rapidement tes chaussures et mets le collier. Il ne faudrait pas qu’un voisin te surprenne, pieds nus, embellie de cet objet de cuir si humiliant… tu penses encore, avant d’entrer, à retirer ta culotte, pour lui donner l’envie, lorsqu’il relèvera ta robe et glissera sa main le long de tes fesses puis entre tes cuisses, de te jeter sur le sol, sur un canapé ou le coin d’une table pour te trousser brutalement. « Qu’il me viole », susurres-tu.

Tu pousses alors la porte et entres lentement. Tu prends le soin de ne faire qu’un pas et de refermer la porte avec douceur. A peine as-tu eu le temps de voir le salon éclairé par quelques bougies, et des meubles les ombres dansantes. Un parfum léger, de roses et de cannelle, flotte dans la pièce. Tu prends confiance en toi, souris et te retournes sans hésiter. Tu appuies tes mains sur le mur, écartes tes jambes, inclines légèrement ta tête et fermes les yeux. Tu es prête.

Combien de temps s’écoule ainsi ? Tu attends. Le moindre bruit, le moindre bruissement d’air contre ta peau réveillerait tes sens en alerte. Rien ne se passe pourtant, durant quelques secondes, plusieurs minutes peut-être. Tu sais qu’il te regarde et jouit de ta situation honteuse, incompréhensible pour la plupart des gens. Soudain, tu sens un souffle léger sur ta nuque et comprends ainsi qu’il est près de toi, qu’il peut te toucher délicatement ou t’attraper, relever ta jupe et te pénétrer. Tu ouvres tes yeux puis les refermes pour ne pas rompre ta promesse d’obéir. Que fait-il ?

Tu sens alors ses mains sur les tiennes, tu les sens descendre lentement avec douceur mais fermeté le long de tes bras. Elles passent sur tes côtes, tes hanches et s’arrêtent au haut de tes fesses avant de remonter sur ton ventre, vers tes seins. Il les contourne, repasse ses mains sur tes épaules et caresse ta nuque. Il appuie de sa main gauche sur ton cou et te maintient ainsi ; de la droite, il vérifie si tu portes bien ton collier, tire dessus, t’étrangle un peu, joue ensuite avec le pendant de métal où il a si souvent accroché ta laisse. Ses mains quittent ta nuque, remontent le long de tes bras et serrent tes poignets. Il les prends et les bloque dans ton dos, te pressant de son corps contre la porte. Il te relâche un instant, saisit les bracelets de cuir qu’il ferme sur tes poignets et relie entre eux d’une chaîne. D’une main, il tient ce lien qui entrave tes bras ; de l’autre, il te saisit à la gorge et t’embrasse dans le cou.

« Ton inspection n’est pas terminée. Je veux te voir. »

Il empoigne alors tes cheveux d’une main ferme et clôt sur ton collier le cadenas de la laisse.

« Tu es ma chienne, à genoux. »

En t’exécutant, ton regard croise le sien : il te paraît pétri de désir, et tu sais à ce moment précis que tu lui plais. Dans l’obscurité du salon, il te tire en avant et te tient par les cheveux. Tu progresses maladroitement et sens soudain sous tes jambes le tissu du tapis. Il t’arrête, te lâche. Tu as une humble posture, à genoux, les mains jointes derrière le dos, la posture d’une pénitente ou d’une sainte. Il place un bandeau sur tes yeux et le noue derrière ta tête.

Tu l’entends se baisser et, en t’enserrant le cou, il force ta bouche de la sienne pour t’embrasser longuement. Tu sens son ardeur et son désir à la fougue de son baiser. Tu aimes ce plaisir d’être ainsi désirée et aimée. Il plonge ensuite dans ta bouche un premier doigt puis un second qu’il fait aller et venir, et que tu lèches et suces pour l’exciter. N’as-tu pas toujours cette envie qui brûle ton ventre de te faire prendre ?

Il entraîne alors ta tête vers le tapis en te guidant par le collier. Tes fesses saillent et t’obligent à te cambrer pour maintenir cette position d’offrande qu’il te fait si souvent adopter, parce qu’il t’aime ainsi ; parce qu’elle met en valeur tes fesses et ton sexe, qu’elle te réduit à n’être que ces trous que tu montres sans pudeur. Tu es dans cette position quand il te punit et te donne la fessée ; quand il joue avec ton sexe et te torture ; quand il te doigte ou te caresse ; quand tu attends la pression de son sexe sur ton sexe humide ou contre le petit muscle de ton cul ; enfin, quand tu cries de plaisir ou de douleur. Tu écartes naturellement les cuisses pour t’offrir davantage.

Instant Charnel

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