De soubrette à esclave

Instant Charnel

Je descends l’escalier. J’ai la bouche un peu sèche. L’anticipation, je suppose. À la dernière marche, je me tourne et j’avance dans ta direction. Je m’arrête à quelques pas de toi, je croise mes mains devant mon ventre, je baisse les yeux et j’attends.

J’ai enfilé un de mes ensembles préférés, en dentelle noire, recouvert d’un pseudo-tablier en satin blanc. Des bas noirs collettent mes jambes jusqu’aux cuisses, retenus par des portes-jarretelles, et un string de la même couleur m’apporte un semblant de décence. Mes cheveux sont retenus par un serre-tête orné d’une bande de tissu froncé, tandis qu’une légère touche de maquillage complète le tableau. Je me suis regardée dans le miroir, et en toute objectivité, je me trouve à croquer.

Tu me regardes de haut en bas et j’essaie de déceler ta réaction mais tu la caches bien. Ton regard et ton impassibilité font leur office : je sens déjà une chaleur migrer vers mon bas-ventre et de ma main gauche, je serre ma droite en espérant que ce ne soit pas trop visible.

— Ça te plaît ?

Je n’en pouvais plus, de ce silence. La question m’a échappé. Je me lèche les lèvres, sans doute d’expectative, puis je me dis que ça doit te plaire… Ou pas ? Je commence à douter, peut-être n’attendais-tu pas ce costume-là ?

Tu mets fin à ma torture :

— À partir de maintenant, dis-tu, tu m’appelleras « Maître » et tu obéiras à toutes mes demandes.

— Oui… Maître, me reprends-je juste à temps.

Je sens la chaleur entre mes jambes se faire moite. Par réflexe, je serre un peu les cuisses, assez peu pour que tu ne t’en rendes pas encore compte.

— C’est bien.

Il n’en fallait pas plus de ta part pour que mon excitation se cristallise. J’en suis déjà au point où tu pourrais me demander n’importe quoi. J’avale ma salive et je me prépare à ton premier ordre. L’impatience alimente mon désir. Que vas-tu exiger de moi ?

— Nettoie le plan de travail de la cuisine. Et fais-moi profiter de la vue.

Je crois que j’ai froncé les sourcils, surprise par cette demande. Soit. C’est logique, d’un autre côté : je suis vêtue en soubrette.

— Oui, Maître.

Je remonte mes manches métaphoriques, me dirige vers l’évier, mouille l’éponge et me mets à la tâche. Je m’applique, me penche en avant pour laisser voir la peau de ma gorge, juste à la limite de mes tétons. Puis je fais le tour du bar, me plaçant dos à toi, et je m’allonge presque sur la plaque en granite. Pendant que je fais de grands mouvements pour essuyer chaque centimètre, je me dresse sur la pointe des pieds. Tu devrais avoir une vue directe sur mon postérieur. J’imagine ton regard suivre le fil de mon string entre mes fesses, descendre jusqu’à mes lèvres qui ont déjà tant gonflé qu’elles doivent déborder de part et d’autre du peu de tissu qui les recouvre…

En réalité, je ne sais pas du tout si tu profites du spectacle. Tu as l’air d’être concentré sur ton jeu vidéo, tu n’émets pas un son en ma direction… Est-ce que je m’applique pour rien ? Je sens la frustration monter, et puis me rends compte qu’elle fait partie du jeu. De ton jeu. Le soupçon que je nourris fonctionne, et l’humidité entre mes cuisses renaît.

Je rince l’éponge, puis viens me positionner devant toi. J’ai presque envie de me mettre devant l’écran, afin que tu sois obligé de m’accorder ton attention. Est-ce que je le fais ? Comment le prendrais-tu ? Je me mords la lèvre et je sens mon cœur accélérer. Oui, si j’y ai pensé, il faut que je le fasse. Il faut que je me dépêche de céder à la tentation !

Au bout de, quoi, deux secondes sans réaction de ta part – je ne suis pas très patiente – je me décale pour m’interposer entre l’écran et toi. Comme tout à l’heure, j’ai les mains croisées devant mon pubis. Avec un petit sourire, j’annonce :

— J’ai fini, Maître.

Tu poses la manette et me regardes comme si je venais d’apparaître. Comme si tu ne m’avais pas déjà donné un premier ordre. J’ai l’impression d’être prise en faute – et je savoure cette sensation.

— Oui, je vois ça. Je t’avais dit de te mettre là ?

Tu désignes l’écran que je cache – à peine, en réalité, tant je suis menue. Assez pour t’interrompre, ceci dit.

— Non, Maître.

— En plus, je n’ai rien vu.

Parce que tu n’a pas regardé, me plains-je en mon for intérieur. Je n’en dis rien ; j’ai trop hâte de savoir comment tu veux rectifier ce tort que je t’ai fait.

— Montre-moi tes seins.

Je m’étrangle :

— Pardon ?

— Pardon… ? me reprends-tu.

— Pardon, Maître.

— C’est ton dernier avertissement.

C’était le premier !, me retiens-je de protester. Ou peut-être aurais-je dû ? Je danse sur la fine ligne entre docilité euphorisante et provocation excitante… Non, je dois prendre mon mal en patience. Comme toi, je dois pratiquer le crescendo, répondre à tes ordres que j’imagine de moins en moins acceptables par une résistance de plus en plus indocile. C’est ainsi que nous en profiterons tous les deux au mieux.

— Pardon, Maître, reprends-je une deuxième fois.

Cette fois, je m’excuse pour de bon.

— Et donc ?

Je te regarde sans comprendre. Sans avoir l’air de comprendre. Je me suis coulée dans mon rôle et je le savoure. Chaque impertinence de ma part rendra tes demandes plus directes, mon acceptation moins enthousiaste.

— Quoi, Maître ?

— Tes seins, soupires-tu.

Tu as l’air agacé, presque déçu. Est-ce que j’ai trop poussé ma factice ingénuité ? D’un geste lent et calculé, j’attrape la bretelle qui passe sur mon épaule gauche, la fais descendre, puis réplique le geste en miroir. Enfin,je saisis le tissu qui ne recouvre presque plus ma peau et le descends en-dessous de ma poitrine.

Sous ton regard, mes tétons se rétractent – ou est-ce à cause du froid ? Hmm, je pense que la première solution est la bonne. Je les sens durcir, rien qu’un peu. J’hésite à garder les yeux baissés. Je n’y arrive pas, je lève la tête, pour te voir m’admirer. Ton regard est braqué sur mes mamelons. J’y lis tant de désir que je me sens mouiller tout à fait. J’ai envie de frotter mes cuisses l’une contre l’autre pour me stimuler mais je n’ose pas bouger.

— Allez, rhabille-toi.

Je m’exécute. Je tremble un peu – d’excitation, d’envie, d’expectative.

— Maintenant, tourne-toi, penche-toi en avant…

J’obéis, ravie de pouvoir te montrer mes fesses rebondies, la ligne qui les sépare, ma chatte gonflée.

— … et retire ton string.

Je déglutis et attrape le filin qui enserre mes hanches pour baisser un peu le sous-vêtement. Cette fois, je ne peux pas observer le regard que tu portes sur moi. La frustration fonctionne comme palliatif et je sens mon bas-ventre palpiter.

— Je t’ai dit de le retirer.

— O-Oui, Maître, bafouillé-je.

Je n’avais vraiment pas compris, et le sentiment d’être prise en faute, la petite aspérité dans ta voix a fait accélérer mon rythme cardiaque. Je reprends le tissu et le descends le long de mes cuisses, au-dessus des attaches du porte-jarretelles, le long de mes bas, jusqu’à mes cuisses. Dans un geste que j’espère sensuel, je lève un pied puis l’autre pour me débarrasser tout à fait du string.

Tu te lèves. Mon souffle devient court. Je t’ai entendu faire quelque chose pendant que je me déshabillais. Je me demandais si tu te caressais en me regardant, une perspective qui n’a pas manqué d’accroître mon désir. Oui, je suppose que c’est ce que tu faisais – et tu vas réchauffer ton membre dans mon petit trou. Dans l’un de mes petits trous.

La surface dure, visqueuse et froide qui entre en contact avec ma chair me surprend donc. Je ne parviens pas à retenir un petit cri de surprise tandis que tu enfonces en moi ce que je reconnais désormais : l’un de nos jouets.

— Ce n’était même pas la peine de le lubrifier, commentes-tu d’un ton un peu contrarié.

L’objet s’est niché dans mon vagin et commence à y vibrer. Je laisse échapper un gémissement de plaisir.

— C’est bien positionné ? t’enquiers-tu, et je ne parviens qu’à gémir un « Oui » haletant.

Une claque retentissante m’arrache un cri de souffrance. Ma fesse me brûle. La vibration s’est intensifiée un instant et je sens tout mon corps se mettre à frémir de cette association de plaisir et de douleur que j’aime tant.

— Je t’avais prévenue qu’il n’y aurait plus d’avertissement.

Je comprends tout à coup :

— Oui, Maître.

— C’est bien.

Le contraste entre la punition, le plaisir et les félicitations commencent à rendre ma position difficile. Le beau « L » renversé que parvenait à maintenir mon corps jusque là s’est affaissé. J’ai la tête au niveau des tibias, je me repose sur mes mains, offrant sans aucun doute une vue appétissante. J’aimerais en jouer, mais je ne suis déjà plus sûre de pouvoir prendre de telles initiatives. Moi qui pensais que je choisirais quand je passerais de la docilité à la résistance !

Je laisse couler notre safeword sur ma langue, sans l’articuler pour autant. Je l’utilise si peu : tu connais mes limites presque mieux que moi-même. Je sais que je peux te faire confiance pour me pousser dans mes retranchements, pour aller chercher l’extase dans la torture, juste avant que je ne doive crier grâce. On en est encore loin pour le moment, mais j’avais besoin de me cajoler avec, car je sens que commencent les choses sérieuses.

— Viens t’installer, prends la seconde manette.

J’obéis, me positionne à genoux sur le canapé, et te laisse m’inviter dans ta partie. Très vite, je comprends que tu as paramétré le jouet en moi pour qu’il réagisse au bruit et aux sons. Dès que les décibels montent, la vibration s’intensifie, et je perds la concentration nécessaire pour faire une bonne partenaire de jeu.

— Tu n’es pas d’une grande aide, me reproches-tu.

— Désolée…

— Mets-toi à quatre pattes.

Je pose la manette et t’offre à nouveau mon postérieur. Une nouvelle fessée vient rétablir l’équilibre. Je gémis puis me mords la lèvre. Je l’ai méritée : avec le jeu vidéo, j’avais un peu perdu le fil du jeu de rôles. J’avais oublié les règles. J’avais oublié de t’appeler « Maître ».

Tu t’assures que le jouet est toujours bien placé. Le passage de tes doigts contre mes lèvres en feu me fait gémir de plaisir. J’en veux plus ! Au lieu de me donner ce que j’espère en secret, tu t’écartes. Alors que je fais mine de me rasseoir, tu m’attrapes la cuisse. Tes doigts s’enfoncent dans ma chair, la pression contraint mon muscle, tire sur ma peau.

— Je t’ai dit de bouger ?

— Non… Maître.

Je me fige et reste en place tandis que tu fais quelque chose que je ne peux pas voir. Une intuition me prévient une fraction de seconde de ce qui va m’arriver : tu laisses courir un doigt le long de ma fente pour l’humidifier, puis tu l’insères dans mon anus, à peine lubrifié. Je couine. Je sais que tu aimes quand je couine. Je n’aurais pas pu m’en empêcher de toute façon. Tu explores mon intérieur pendant quelques instants, puis ton index ressort et se fait remplacer par quelque chose de frais et de doux au toucher.

Le plug. Il m’écartèle, et tu me laisses à peine le temps de m’habituer à son diamètre croissant, l’enfonçant à un rythme rapide. La vibration du jouet dans mon vagin te complique la tâche, et je sens les deux objets résister l’un contre l’autre. J’ai l’impression, non, la conviction que les deux ne rentreront pas en même temps.

— Je… je ne peux pas.

J’ai gémi. Pour toute réponse, tu me claques la fesse droite.

— Je ne peux pas, Maître, me reprends-je.

— Tu ne peux pas quoi ? me nargues-tu.

Et au moment où tu me poses la question, tu pousses le plug jusqu’au fond. Mes cuisses me lâchent et je tombe à plat ventre sur le canapé, une plainte lascive dans la gorge. Les vibrations des deux jouets se sont synchronisées et je me sens palpiter, frémir, frissonner de l’intérieur. Ma respiration se saccade, je me rends compte qu’une lamentation ininterrompue jaillit de mes lèvres.

Tu m’attrapes par les hanches et me remets à quatre pattes, puis tu glisses un doigt sur mon clitoris. Une puissante vague d’extase me transporte du pubis à la tête. Je jouis si fort que je hurle et je gicle mon plaisir sur le tissu en-dessous de moi.

— À genoux, par terre.

Je lutte pour me redresser. Les vibrations décroissent et reprennent au rythme du morceau de musique que tu as eu le temps de lancer – quand, je ne sais pas. Avec mille efforts, et l’envie de rester allongée pour pouvoir supporter l’intensité des sensations qui me prennent, j’arrive à me relever, et à me laisser presque tomber à genoux devant toi. Je sais ce que tu vas me demander et si ma chatte n’était pas occupée à endurer un tsunami d’orgasmes infinis, je mouilleras encore.

Ta queue est dans mon champ visuel, déjà dure.

— Vas-y.

Je glisse mes cheveux en arrière et me penche vers l’objet de mon désir. J’aimerais pouvoir lui offrir l’attention qu’il mérite, mais les pulsations qui m’agitent vont compliquer ma concentration. Ma langue trouve ton gland et je le lèche avec appétit, cueillant la larme de pré-sperme qui a jailli. Ta peau est si douce, mon excitation si grande que j’engloutis la tête dans ma bouche et me mets à sucer. Un nouvel orgasme m’emporte. Mon rythme se fait erratique. Chaque frôlement entre ton gland et ma langue me fait voir des feux d’artifices. Je sens qu’une flaque est en train de se former entre mes cuisses.

— Donne-toi plus, m’ordonnes-tu.

J’ouvre davantage pour détendre ma mâchoire et m’avance un peu. Ton gland atteint le fond de ma bouche. Elle frôle ma gorge – et c’est comme une décharge électrique. C’est à peine si je parviens à m’appliquer pour ne pas griffer ta queue de mes dents.

Je ne dois pas m’être assez bien donnée, car tu attrapes mes cheveux d’une main ferme. Si je n’avais pas ton membre entre mes lèvres, j’aurais crié de douleur. Tu ne m’en laisses pas le temps ; tu appuies sur ma nuque et tout à coup ma gorge est écartelée à son tour. Tu la ramones de quelques grands coups, puis tu me relâches.

Je retombe en arrière, les larmes aux yeux. Il y a une flaque en-dessous de moi, et j’ai tellement joui que les jouets ont commencé à ressortir.

— Tu vois, quand tu veux !

Je cherche ma voix, puis ne parviens qu’à répondre :

— J’en peux plus…

— Déjà ? Quel dommage. Allez, lève-toi, je vais t’aider.

J’hésite. Est-ce que tu m’as prise au sérieux ? Je n’en peux plus, certes, mais j’en veux encore. Le safeword n’a pas encore été utilisé – et tant que je n’y ai pas recours, peu importe ce que je dis, je peux toujours. Ceci dit, je ne dirais pas non à une pause, pour me remettre de ce triple écartèlement. Je me lève avec difficulté, en m’appuyant sur le canapé. Tu tends la main et extrais d’abord le jouet vaginal d’une main experte.

— Tourne-toi pour que je retire l’autre.

Je fais demi-tour et, alors que j’attendais que tu m’ôtes le plug, une nouvelle fessée vient rougir ma fesse droite. Je perds un peu l’équilibre sous l’effet de la surprise, et lâche un cri irrépressible.

— Tu as oublié de dire « Maître », une fois de plus. Et, ajoutes-tu en sortant le second jouet d’un geste sec, ce n’est pas à toi de décider quand tu n’en peux plus.

Je pousse un soupir reconnaissant en me sentant libérée de la constriction interne. Mon clitoris, mes lèvres, mon vagin me semblent presque endoloris par l’intense vibration et mes nombreux orgasmes. Et je suis presque soulagée que tu n’en aies pas fini avec moi – tant que tu me laisses quelques instants pour me remettre.

— Pardon, Maître.

— Va laver les jouets.

— Oui, Maître.

Je ramasse les deux objets humides et luisants pour les emporter dans la salle de bain. Tandis que l’eau tiède coule sur le silicone coloré, j’essaie de me recomposer. J’ai senti ta queue taper si profond dans ma gorge qu’elle est un peu irritée. Je pourrais te demander d’être plus doux, s’il y a seconde fellation. À voir si tu me l’accorderas ou non…

Une fois les jouets lavés, je me réajuste un peu, et redescends en reprenant mon rôle initial. Tu m’attends en bas des escaliers. Avant que je n’aie le temps de te demander ce que tu veux, tu m’attrapes par la nuque et me colles contre l’un des piliers. Ton pouce et ton index s’enfoncent dans mon cou et je crie de douleur – l’angle n’est pas bon et mon muscle est compressé par ton toucher.

— Non, attends–

Je n’ai pas le temps de finir que tu m’as empalée. Ta verge a tapé tout au fond de moi. Je glapis. Alors que tu reprends de l’élan pour me remettre un coup de bélier, tu me punis de mon dernier oubli d’une claque bien sentie. Je geins. Je jouis.

— Non, s’il te plaît, Maître…

Je me sens supplier, la nuque pincée dans ta main, mon vagin ramoné par tes puissants va-et-vient. Je jouis encore et fais jaillir ta queue hors de moi. J’en profite pour reprendre mon souffle mais tu serres ma nuque d’autant plus fort et je gémis de douleur.

— Tu me fais mal…

Une nouvelle claque punit ma désobéissance. Un nouvel orgasme me secoue lorsque tu reviens en moi, et tu ne parviens pas à résister à ma jouissance. Je t’ai encore éjecté. Tu te réinsères, me pilonnes à pleine puissance – je jouis encore. Ta bite jaillit à l’air libre. Ta main compresse ma nuque, signe de ton agacement. Ta soubrette n’est pas très coopérative – mais je ne peux pas m’en empêcher !

— À partir de maintenant, tu n’as plus le droit de jouir.

Quoi ? Comment vais-je faire ? Je suis à fleur de peau, le moindre toucher fait exploser un orgasme – et il faut que je m’en empêche ? Je ne sais même plus quel rôle je suis censée jouer, je sais juste que ça va être très difficile.

— Oui, Maître, parviens-je à répondre.

Je suis écrasée contre le pilier, et tu profites de l’interdiction pour utiliser mon trou : tu caresses ton gland à l’entrée de ma fente, tu le fais à peine rentrer puis ressortir. Je me retiens tant bien que mal contre le pilier, j’essaie de ne pas me laisser aller au plaisir et à l’excitation que je ressens à n’être que ton objet. Finalement, je sens que je vais craquer, et je halète :

— Je n’en peux plus, Maître. Je vais… Je jouis !

Tu as réussi à prévoir le coup et t’ancres bien au fond de ton fourreau. Mon orgasme me parcourt, se rétracte et recommence, si fort que je sens ta queue palpiter et grossir en moi alors que je me serre autour de toi.

Puis tu t’extrais, toujours en me maintenant par la nuque, et m’assène une fessée de plus.

— Tu es bien désobéissante. Pourtant, il me semblait que tu m’avais garanti ta docilité…

Oh oui, c’est le moment de pousser le vice, d’utiliser mon épuisement physique pour alimenter cette résistance.

— Je… je ne pensais pas que tu me demanderais tout ça, Maître. C-c’est trop. Je n’en peux plus…

— Eh bien, je vais te laisser te reposer, alors.

Je crois que nous n’avons pas tout à fait la même définition du repos, car tu me pousses sous l’escalier. Tu y suspends une corde et m’attaches les poignets au-dessus de la tête, juste assez haut pour que je sois en tension permanente.

— Je ne vais pas tenir longtemps comme ça, je rigole.

Tu finis de serrer le dernier nœud, me fais pivoter, m’attrape à bras-le-corps et me claque les deux fesses en même temps.

— D’autres remarques du genre ?

— N-non, Maître.

Et tu me laisses là pour reprendre ta manette. Je vois ton pénis dégonfler tandis que la concentration du jeu vidéo reprend le dessus. Mes bras commencent à tirer, mais je m’en fiche. Ou plutôt, ça participe au délice de la situation. Je suis là, suspendue pour ton plaisir, incapable de faire quoi que ce soit. Un trophée, un objet. Tu lèves les yeux vers moi, afin de profiter du spectacle je suppose, et la conjonction de mes pensées et de ton regard me fait jouir à nouveau. Je sens le liquide chaud dégouliner le long de ma cuisse et imbiber mon bas.

Je sais que tu fais durer exprès, alors de temps en temps, je proteste un peu :

— Maître, j’ai mal…

— Maître, j’ai compris, je suis désolée…

— Maître, s’il te plaît, je n’en peux plus…

— Maître, je ferai tout ce que tu veux, je t’en prie…

Cette dernière supplication a l’air de te satisfaire : tu te lèves et me détaches. Je frotte mes poignets, soulagée, tandis que le sang se remet à circuler. Est-ce que tu en as marre ?

Ah, non, comprends-je quand tu me retournes et m’attaches les mains dans le dos. Puis tu me forces à genoux, et relies mes chevilles à mes poignets.

— Voilà, comme ça, que tu le veuilles ou non, tu feras ce que je veux.

Et tu places ta verge à peine redressée devant ma bouche. J’entrouvre les lèvres, je sors ma langue, et tandis que je commence à te faire durcir, tu m’attrapes par les cheveux. En quelques instants, ta queue est aussi dure et énorme que tout à l’heure – encore plus, même – et tu me l’enfonces au fond de la bouche. Je ne peux ni décider quoi faire, ni même accompagner le mouvement. Tu baises ma bouche, et tu y prends ton pied. Si au début je parviens à gémir un peu, très vite j’abandonne même cette protestation. Je dois me concentrer sur ma respiration si je ne veux pas m’étouffer sur ton membre – et je m’aperçois avec un peu de panique que je suis bâillonnée et ligotée – comment utiliser le safeword si jamais je n’en peux plus ?

Je n’ai pas le temps de me poser la question, car ta queue rentre dans ma gorge et s’y installe, bien profond. Je jouis. Je pleure, et tu continues à ramoner ma bouche et ma gorge, à m’utiliser pour ton plaisir. Je jouis encore, et je sens que je ne vais plus tenir – pour de bon, cette fois. Alors que le gag reflex me prend, tu t’arrêtes tout à coup, et me libères.

Je reprends ma respiration.

— Tu es prête pour la fin ?

Je te regarde entre les larmes qui brouillent ma vue. Je sais que tu me demandes si je veux utiliser le safeword. Mais j’ai pu me remettre de mes émotions… et j’ai envie de souffrir jusqu’au bout. J’ai envie de jouir, d’être secouée par un orgasme aussi puissant que le tien, quand tu me rempliras la bouche de ton jus.

— Non, Maître. J’en peux plus, gémis-je. Je ferai tout ce que tu veux, mais ça… j’en peux plus.

Je vois ton sourire satisfait et une décharge de plaisir me prend, intensifiée lorsque tu attrapes encore une fois mes cheveux pour m’enfoncer ta bite bien profond dans la gorge. Je n’étais pas tout à fait prête, mais j’arrive à reprendre mon souffle – juste à temps, car tu accélères le rythme, ramones ma bouche toujours plus profond, jusque dans ma gorge. Chaque mouvement me brûle, me déboîte la mâchoire, envoie des étincelles de jouissance depuis ma bouche vers chaque parcelle de mon corps. Je suis déjà en train de jouir, si fort, quand tu m’annonces que tu vas m’offrir ton sperme bien chaud.

Je sens chaque giclée remplir un peu plus ma bouche, lutter pour prendre l’espace qu’occupe ta verge. Je n’avale pas pendant que tu jouis – c’est trop compliqué, et je ne parviens pas à réfléchir, mon orgasme, mes orgasmes, sont bien trop puissants. Enfin tu relâches mes cheveux, et tu recules d’un pas.

Une goutte coule sur mon menton, mais j’avale d’abord tout ce que j’ai en bouche avant de lécher le trop-plein sur mes lèvres.

— Tu vois, ce n’était pas si difficile, me félicites-tu.

Je tente un timide sourire. Le jeu n’est pas fini.

— Si, Maître, c’était beaucoup trop…

Je n’ai pas besoin de forcer : ma voix est cassée, conséquence de ma gorge malmenée, et j’ai les yeux brouillés de larmes.

Tu te penches vers moi, et je m’attends à ce que tu me détaches, mais tu ne fais que glisser une mèche rebelle derrière mon oreille.

— Eh bien, il va falloir que j’améliore ton endurance, ma petite esclave.

Et tu me laisses là, à genoux par terre, poignets liés aux chevilles.

Je crois que j’ai encore joui.

Un grand merci à AmalteeRadieuse pour cette histoire de sexe tellement excitante.

Crédits photo : @petitemort.fr_4

Instant Charnel

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