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    Traces – et autre dialogue interdit

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    Chargée de mission…

    Fiouuu… Sur cette prestation, je vais demander une prime.

    Pourquoi ? Le type était particulièrement compliqué ?

    Oh non, il a bandé tout de suite. J’ai même pas eu grand-chose à faire pour maintenir l’érection !

    Quel rôle t’a joué cette fois.

    Celui de la pute de luxe. La fois d’avant avec un autre gars, on m’avait grimée en touriste américaine. 

    La fameuse touriste qui se balade, qui est toute perdue, naïve, fine, jolie et demande au type de la guider ?

    Voilà. Il est rare que le scénario varie beaucoup. L’essentiel est qu’on couche avec mon appareil secret juste à côté. Qui enregistre les données numériques de son téléphone, de son ordinateur… T’es la seule à être au courant de mon métier d’espionne, tu sais.

    J’aurais jamais imaginé que les missions ressemblaient à ça.

    Tout dépend des agents. Et des agentes. Je dois avoir le meilleur poste du monde. Aucun vrai risque à prendre, et que du plaisir ou presque !

    Mais tes rôles sont assez clichés.

    Quand on m’a proposé ces missions très spéciales, je pensais vraiment pas avoir affaire à des scénarios si simples. Plus c’est gros, plus ça passe ! Même celui qui se sait pisté oublie toute mesure dès lors qu’il tombe sur une petite bonnasse. Le désir sexuel est plus fort que tout ! Si le public savait toutes les affaires découvertes ayant pour origine un bon gros coup de bite…

    Pour en revenir au sujet, pourquoi on t’a mis dans la peau d’une escort girl ? Et qu’est-ce qui a posé souci ?

    L’homme fait souvent appel à des professionnelles. Et par bonheur aime changer de fille à chaque fois.

    Et ton apparence ?

    Rousse de partout, cheveux courts, yeux verts. Quelques taches de rousseur jusqu’au nombril, grain de beauté à la cuisse, faux tatouage de dragon à la hanche. J’adore cette étape, ma préférée ! Avant ça j’aurais jamais cru qu’on pouvait déguiser une femme de partout, et même déguiser sa nudité.

    Pourquoi à ce point ?

    On n’a pas affaire à des enfants de chœur. Question de sécurité ! Les signes distinctifs sont toujours mis en avant quand des têtes sont mises à prix. Ma victime ne doit me rencontrer qu’une seule fois dans sa vie. Je dois pouvoir la recroiser un jour dans la rue sans être reconnue ! Et dans ma vie privée, je dois pouvoir coucher avec un homme qui aurait eu vent de l’histoire, de cette étrange conquête rousse au tatouage de dragon… sans qu’il ne retrouve aucun indice concordant sur mon corps.

    Il y a des risques ?

    Le monde est petit. Plus petit qu’on le pense.

    Et tout ça suite à l’école de police ! Tes futurs employeurs t’ont repérée !

    Sacrée promotion ! Car… Pas la plus bosseuse. Beaucoup à faire, la fête et me faire sauter par les copains. Avec talent, visiblement… On s’est passé le mot. C’est arrivé jusqu’aux oreilles de la direction. Je pensais être sanctionnée, ou au moins charriée…

    Moi je dis que c’était juste. Et justice !

    Possible. Je pense pas avoir perturbé le cursus de qui que ce soit, au contraire ! Mon tuteur de promo m’a glissé que ceux qui me baisaient étaient ensuite hyper détendus et avaient de meilleurs résultats.

    Revenons-en à ton baiseur.

    Un petit chefaillon de mafia comme je m’en suis farcie tant. Par contre, sa vigueur mais un truc de dingue ! J’en pouvais plus, en plus fallait faire mine d’aimer ça et d’en redemander. Il a fallu un temps fou pour l’épuiser et qu’il s’endorme. Il le fallait… car je devais approcher l’appareil de ses affaires, que ça puisse capturer le max de données.

    Aucune méfiance, jamais ?

    Les machos nous prennent tant pour des idiotes ! Ça sert beaucoup dans le métier. J’ai pu agir après SIX éjaculations. Je te jure, six ! Un « S », un « I » et un « X » ! Ou plusieurs « X » dans son cas. Jamais vu ça. Il m’a baisée dans tous les sens, à un moment il en pouvait plus mais sa bite en voulait encore et il était d’accord avec elle. Il a alors voulu rester statique et que je m’occupe de tout ! Et il voulait pas que je m’arrête. Si encore j’étais parvenue à le faire jouir dans mes trous du bas. Mais non, monsieur voulait à chaque fois que je termine par du pompage. Et que j’avale. Six éjaculations toutes plus épaisses, juteuses et poisseuses, dans l’estomac. Je vais mettre tout le week-end à digérer. Au moins après il a pioncé d’un sommeil de plomb. Vraiment, je crois qu’on devrait pas se contenter d’un forfait. Un tarif par éjaculation serait bien plus juste.

    Si ça se trouve, au prochain coup t’auras affaire à un amant qui te baisera comme un fou pour jouir qu’une seule fois au petit matin. Alors prudence dans les revendications syndicales, prudence…

    Maman a été gentille : elle a fait comme si de rien n’était quand je suis rentrée discrètement au petit matin.

    Elle s’est réveillée ?

    J’en suis certaine. Elle a l’oreille trop fine ! Un rien la réveille.

    Très tolérante ta mère.

    Et même attendrie ! Au moment du petit-déjeuner, elle me regardait émue, avec l’air de dire : « Ça y est, ma fille n’est plus vierge. »

    Et donc elle avait raison ?

    Naïve maman… Hem ! Oui, en un sens. Sauf qu’elle imaginait que je venais de faire l’amour pour la première fois. Tu parles ! C’était déjà réglé depuis longtemps. Non, cette nuit avait été ma première sodomie. Mieux valait qu’elle continue à croire… ce qu’elle croyait.

    Vraiment ? Lors d’un moment intime avec un garçon, pour toi c’est systématique ? Tu t’en passes jamais ?

    Jamais-jamais.

    Me dis pas que t’en as toujours envie.

    Non, et d’ailleurs parfois j’ai envie de rien du tout, pas même un flirt. Malgré ça… que veux-tu, je suis de la génération Shadoks.

    Qu’est-ce que tu racontes. C’est vieux les Shadoks !

    Petite, maman m’a fait voir tous les épisodes. J’en ai retenu la philosophie, notamment ce dicton : « Il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien que risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. »


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