Partie 2
Luc arriva avec un sac d’ingrédients et son sourire habituel.
Cette fois, cependant, il semblait plus sûr de lui, ce qui me mettait à la fois mal à l’aise et intrigué.
La soirée passa de façon agréable, bercée par les parfums du plat qu’il cuisinait et ses blagues qui allégeaient l’atmosphère. Après le dîner, nous nous retrouvâmes une fois de plus sur le canapé, un verre de vin
main.

Merci de m’avoir invité, je ne pensais pas que tu le ferais
dit-il, me regardant avec une intensité troublante.

Pourquoi ne l’aurais-je pas fait ?
Dis-je, essayant de me convaincre, tu es un ami.
Luc ne semblait pas convaincu, il posa son verre sur la table, se pencha légèrement vers moi, me fixant du regard.
Je me levais, mis une douce musique de fond. Cette fois, c’est moi qui lui tendis la main et l’invitait à danser.
Il posa immédiatement ses mains sur mes hanches.

Tu es sûre que ce n’est que ça de l’amitié
Demanda-t-il d’une voix plus basse.
Mon cœur s’accéléra. Je ne répondis pas et ce silence fut ma condamnation.
Luc s’approcha davantage, ses lèvres effleurèrent les miennes, et en cet instant, je laissais tomber toutes mes
résistances.
Ce ne fut pas qu’un simple baiser, mais une explosion d’émotion enfouie de désir, que je n’avais jamais osé admettre.
Sa main glissa doucement le long de mon dos et ne fit
rien pour l’arrêter.
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Cette nuit-là, je franchis la limite que je m’étais promis de ne jamais dépasser.
Le lendemain matin, je me réveillais avec un tourbillon d’émotion, à côté d’un homme à qui je n’appartenais pas.
Après avoir passé un peignoir, je me suis dirigée vers la fenêtre, plein de culpabilité et de trahison d’avoir trompé mon mari.
Je ressassais cette nuit torride faite de subtiles préliminaires, de caresses perverses, de douces fellation et de profondes pénétration. Luc était passé maître dans l’art d’utiliser une femme, il avait les atouts physiques que Marc ne possédait pas.
Je le réveillais, lui disant qu’il fallait qu’il parte.
Au lieu de ça, il m’attira au lit, me prit une dernière fois… Par derrière cette fois.
Je ne me souviens pas avoir autant joui comme cette nuit.
Luc avait bénéficié des faveurs que j’avais toujours refusées à Marc.
Luc était parti avant l’aube me laissant seule avec mes pensées et le silence pesant de la maison.
Je fixais le plafond, le cœur chargé d’un mélange de culpabilité et de confusion.
« Qu’avais-je fait, comment avais-je pu laisser cela arriver dans le lit conjugal ».
Marc devait rentrer ce soir, et je me sentais comme si chaque coin de la maison portait la trace de ce qui s’était passé.
Mon téléphone vibra sur le chevet, le nom de Luc apparu sur l’écran.
« Bonjour, écrivait-il, je n’arrête pas de penser à toi. Cette nuit a été incroyable. »
Je fermais les yeux, essayant de repousser le frisson que ces mots faisait naître en moi.
Je ne répondis pas.
Je me levais, essayant de remettre la maison en ordre, et avec elle, mes pensées, mais c’était inutile, tout me ramenait à lui, à cette nuit.
Quand Marc rentra ce soir-là, je fis de mon mieux pour agir comme d’habitude.
Je me souvenais de notre dispute le jour où il est parti, mais fis comme si j’avais oublié.
Je lui souris, lui demandais comment s’était passé son voyage.
Je préparais le dîner comme si tout était normal, mais à l’intérieur. J’étais en pleine tourmente.

Tu es bizarre
Dit-il soudain pendant le repas.

Bizarre, comment ça ?
Demandai-je, essayant de garder mon calme.

Je ne sais pas, tu sembles distante. Tout va bien ?

Oui
Dis-je, la voix mal assurée.
Il se leva, mena son assiette au lave-vaisselle.

Tu as eu de la visite
Demanda-t-il.

Ben non, pourquoi cette question ?

Pour rien, comme ça…
Je me levais à mon tour, et m’aperçus de l’erreur.
Sur l’un des verres, il y avait du rouge à lèvres, pas sur l’autre. À partir de là, un silence s’installa entre nous. Que devais-je faire, tout lui avouer ?
Après quelques jours, notre relation reprit à peu près normalement.
Les jours suivants furent un mélange de tension et de confusion. Je faisait tout ce que je pouvais pour changer l’atmosphère après l’erreur du lave-vaisselle.
Malgré tout, j’essayais d’éviter Luc, mais il semblait déterminé à ne pas me laisser m’éloigner.
Il continuait de m’envoyer des messages, demandant à me voir et chaque fois que son nom apparaissait sur mon écran, mon cœur s’emballait.
Un après-midi, alors que je faisais des courses au supermarché, je le vis.
Il était là, dans le rayon boissons, et son sourire s’illumina
dès qu’il m’aperçut.

Carole
Dit-il en s’approchant.

Luc, que fais-tu ici ?
Demandais-je, tentant de garder un ton neutre.

Ça ne se voit pas ? J’achète du vin pour notre prochain dîner
Répondit-il avec malice.
Je lui lançai un regard d’avertissement, mais il ne sembla pas s’en formaliser.

Je t’écris plus tard
Dit-il en me saluant avant de s’éloigner.
Je n’eus pas le temps de lui dire de ne pas le faire, que Marc était à la maison.
Je regardais autour de moi, espérant que personne n’avait remarqué le baiser que nous avions échangé.
Je me sentais piégé dans une situation que je ne contrôlais plus.
Les semaines suivantes furent un véritable calvaire. Luc continuait d’insister pour me voir, me demandant de me libérer une nuit, et ce, malgré la présence de Marc.
Je trouvais sans cesse des excuses.
Chaque fois que mon mari me regardait, je pouvais voir le doute en lui. J’avais l’impression qu’il pouvait lire en moi tout ce qui s’était passé.
Un samedi soir, alors que nous étions sur le canapé à regarder un film, mon téléphone vibra.
Marc le remarqua et me lança un regard interrogateur.

Qui est-ce ?
Demanda-t-il.

Personne, juste un message d’une collègue de bureau qui a accouché.

Et tu ne lui adresses pas tes félicitations ?
Dit-il.

Je passerai la voir demain.
Le message était de Luc.
Je profitais que Marc soit allé à la douche, pour me retirais dans la chambre.
Je me dépêchais à répondre à son message.
Je me sentis submergée, je ne pouvais pas continuer ainsi, mettre mon couple en péril.
Je ne savais pas comment sortir de cette situation sans détruire tout ce que j’avais construit avec Marc.
Après des jours de lutte intérieure, je décidais qu’il était temps d’affronter la situation.
J’appelais Luc et lui demandait de me rejoindre dans un bar près de chez lui.
Lorsqu’il arriva, son sourire s’évanouit en voyant mon expression.
Il faut arrêter tout ça Luc, certes, tu m’as donné énormément du plaisir, et ne regrette pas de m’être offerte à toi, mais ce qui s’est passé était une erreur.
On ne peut pas tout détruire pour un moment de faiblesse, dis-je, essayant de garder ma voix ferme.
Il resta silencieux un moment puis hocha la tête.
Je comprends, dit-il, un pincement au cœur, mais sache que je ne t’oublierai jamais la nuit passée avec toi.
Ces mots me touchèrent, mais je savais que c’était la meilleure décision à prendre.
Après une douce étreinte, je rentrai à la maison, déterminé à reconstruire ma relation avec Marc, même
si le poids de ce secret resterait avec moi pour toujours.
Arrivé à la maison, je sautais au cou de Marc, l’enlacé.

Alors…
Me murmura-t-il à l’oreille

Tu as réussi à régler ton problème ?
Le menton posé sur ses épaules, j’ouvrais grand les yeux, me disant qu’il avait découvert quelque chose.
Il me repoussa, me sourit, me donna un tendre baiser sur les lèvres, puis se dirigea vers la salle de bain.
En passant près de la table, il y déposa une enveloppe.
Je m’approchais, l’a saisis, les mains tremblantes. Ce que je vis me glaça le sang.
Une photo de Luc et moi, cet après-midi au bar.
Il avait découvert, ignorant sans doute ce qu’il s’était passé entre nous.
Je m’apprêtais à le rejoindre, quand son téléphone vibra.
Je me permis de l’ouvrir, découvrant un échange entre mon mari et Luc.
« Si tu t’approches encore de ma femme, je m’occuperai de toi personnellement. »
« Désolé mec, écrivait Luc… C’était une erreur… Tu n’entendras plus parler de moi ».
Cet échange me surprit, signifiait-il que malgré ma trahison, Marc allait pardonner ?





