Chapitre 1 : mauvais chemin
16 h30. Jusqu’à cette heure, la randonnée avait été parfaite. J’avais avalé les 1.800 m de dénivelé positif sans trop de fatigue. Les paysages étaient splendides et la météo parfaite.
Restaient les 600 m de descente jusqu’au refuge où j’avais prévu de passer ma nuit. Restait aussi à échapper à l’orage annoncé en début de soirée.
Pas sûr, les quelques nuages qui commencent à bourgeonner m’inquiètent. Autant j’adore regarder les éclairs une fois à l’abri, autant j’ai la trouille en pleine montagne.
Je connaissais les consignes : ne pas rester sur une crête, ne pas s’abriter sous arbre ou une paroi rocheuse, tenir à distance son bâton marche ou son piolet, et le plus marrant : se tenir accroupi les pieds joints, isolés du sol avec son sac.
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Ça, je n’avais jamais tenté, figé comme un con sous le déluge. Alors, je préfère accélérer l’allure en évitant de buter sur les cailloux.
Un autre truc commence à me turlupiner. La descente ne ressemble pas du tout à la description du topo guide. Impossible de vérifier ma position sur mon appli IGN du téléphone.
J’ai oublié de recharger la batterie. Je préfère ne pas la vider totalement au cas où j’aurai un appel urgent à passer. Un accident stupide est si vite arrivé en montagne.
Solution à l’ancienne : sortir les bonnes vielles cartes au 25.000 e.
Je dois me rendre à l’évidence : j’ai dû me tromper au carrefour des chemins au col. Je n’ai pas pris le bon sentier.
Celui sur lequel je marche me fait redescendre dans la mauvaise vallée.

Quel imbécile je suis !
Remonter les 300 m, au moins, de dénivelé jusqu’au col va me prendre une heure et il me faudra aller jusqu’au refuge dans la bonne vallée.
Après colloque avec moi-même, et remarques auto désobligeantes, je choisis la voie qui me semble la plus raisonnable, continuer à descendre, quitte à arriver en bas au village, à la nuit.
Chapitre 2 : la cabane
Mais que vois-je sur la carte ?
En chemin, à mi-pente, il y a une cabane de berger. Avec un peu de chance, elle est peut-être ouverte.
45 min plus tard, j’y suis presque. En tout cas, je la vois, la cabane.
Deux bruits m’inquiètent. Déjà au loin, le grondement du tonnerre, et surtout, bien plus près, des aboiements de chiens. Il y a un troupeau.
Bon sang ! ce sont deux patous. Énormes, terreurs des loups présents dans le secteur et du randonneur et moi en particulier.
Là encore, je connais les consignes face à ces vigiles sur pattes de 50 kg : passer très, très au large du troupeau, ne pas les menacer, ne pas courir….

Tout doux Patou, tout doux…
Ouf ! les moutons sont enfermés dans un enclos, et les patous aussi.
Je m’approche très, très prudemment de la cabane. De la fumée sort de la cheminée, elle doit être occupée. Bingo ! une femme puis deux sortent sur le pas de porte.

Bonjour Mesdames, je me suis trompé d’itinéraire. Auriez-vous un coin où je pourrais m’abriter pour la nuit. Avec l’orage et la nuit qui arrivent, je préfère ne pas redescendre au village dont je ne connais même pas le nom. Avant, je vais téléphoner au refuge des Deux Vallées pour leur dire que je me suis trompé de chemin et que j’y dormirai demain.

Ah oui, le chemin du refuge des Deux Vallées, vous n’êtes pas le premier à le rater. C’est bien de les prévenir. Cela leur évitera de lancer une alerte pour rien. Rentrez ! on va pouvoir vous trouver un coin pour la nuit.
Je pouvais difficilement mieux tomber alors que les premiers éclairs sillonnent le ciel.
La cabane est parfaitement entretenue. Les deux bergères ont la bonne quarantaine séduisante.
Longue robe, pour l’une, salopette pour l’autre.
Les deux avec une chemise, type trappeur.
Déjà, je remarque les mouvements amples sous la chemise de celle qui s’était présentée sous le prénom de Lucie.
Lucie ne doit pas porter de soutien-gorge en dépit d’une poitrine qu’elle doit avoir généreuse.
Hélène, ma deuxième hôtesse, est en salopette qui aurait pu être bien plus moulante, tant elle est svelte.
Ses allures de garçonne avec cheveux courts me plaisent bien aussi.


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Proposent en chœur les deux quadras.
À l’heure de la vaisselle que j’ai proposé de faire, je sais presque tout de Lucie et Hélène.
Elles m’ont très vite raconté qu’elles vivent ensemble à Gap en dehors des périodes d’estive en altitude, et qu’elles envisagent de se marier.
Était-ce un message subliminal ?

Les mecs ne nous intéressent pas.
La suite allait me montrer que j’avais tort.
Alors que je commence essuyer couverts et assiettes, j’entends Hélène et Lucie chuchoter en aparté.
Manifestement, elles parlent de moi.

Chapitre 3 : sus au loup
Trois secondes plus tard, je comprends pourquoi. Hélène se colle contre mon dos et me chuchote à l’oreille :

On est lesbienne, mais Hélène est bi.
Elle aime bien croquer un mec de temps en temps. Ça ne me gêne pas, tant que c’est un mec.
Arrive le moment du Génépi que le couple a en réserve.
Je suis assis sur la banquette recouverte de coussins entre Lucie et Hélène.
Après deux bons verres de la liqueur locale, le silence se fait sur le fond sonore qui sort d’une mini-chaine; je reconnais Les Gymnopédies de Satie.
Sans prévenir, Lucie pose sa tète sur mon épaule et une main sur ma cuisse. Je savoure cet instant sans bouger. Hélène regarde, sourit, me fait un petit clin d’œil.
Je juge que c’est le moment ou jamais de prendre une initiative. Je tourne la tête et rencontre, sans la chercher, la bouche de Lucie.
Ses coups de langue dans mon cou et sur mes lèvres me font un effet immédiat que la main de Lucie tout en haut de ma cuisse a senti.
Je suis libéré de ma timidité naturelle. Ma main part à la découverte vers l’échancrure de la chemise de trappeur. Deux boutons à défaire suffisent.
De fait, Lucie n’a pas mis de soutien-gorge. Ma première impression était la bonne, la poitrine est généreuse. Mes lèvres remplacent les mains.
Lucie ronronne, glisse une main sous mon pull, puis sous l’élastique de mon pantalon de rando. Même s’il n’est large, je commence à m’y sentir à l’étroit.

Eh bien, me dis-je, quand Lucie décide de croquer un mec, elle ne perd pas de temps.
Je ne peux pas être en reste.
Je remonte la robe. Je constate au toucher de la culotte que ma bergère d’un soir a vraiment envie de se faire le visiteur imprévu.
Les attouchements réciproques se poursuivent en douceur.
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Personne n’est pressé. Sauf Lucie qui me susurre à l’oreille :

Enlève ce pantalon, je veux voir si je sais encore sucer.
Elle sait toujours et me le prouve.
Hélène, elle, vient de baisser les bretelles de sa salopette. L’une de ses mains a disparu dessous. Je suis fasciné par l’évidence : elle se caresse, nous regarde en souriant.
Soudain, dehors, les deux Patou se mettent à aboyer, furieux.
Hélène se lève d’un bond, remonte les bretelles de sa salopette, se rue vers un fusil que je n’avais pas vu posé sur un râtelier accroché au mur.

Le loup
Crie Lucie qui rajuste chemise et robe avant de prendre deux cartouches et une torche dans un tiroir.
Tous les effets stimulants qu’avaient eus sur moi les deniers événements ont cessé en une fraction de seconde.


T’inquiète, disent les deux bergères, c’est juste pour faire peur au loup, même si c’est interdit.
Quelques instants plus tard, deux coups de feu.
Leur écho se fait entendre dans les montagnes, dominant le bruit du tonnerre qui gronde encore au loin.
Hélène rentre le fusil à la main.

J’espère que les gendarmes ne patrouillaient dans le coin et n’ont pas entendu les coups de fusil.
Elle ajoute en riant :

Lucie n’a pas vu le loup dehors, elle espère en voir un ici. S’il est toujours ici bien sûr.
La soirée s’annonçait chaude et pas seulement à cause de l’orage.


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